« Une scoliose explique forcément mon mal de dos » : vrai ou faux ?

Introduction.

« J’ai une scoliose, donc c’est forcément elle qui me fait mal au dos. »

Cette association paraît logique. Pourtant, la présence d’une scoliose ne signifie pas automatiquement que celle-ci est responsable d’une douleur.

Une scoliose peut être totalement asymptomatique, et une personne sans scoliose peut tout à fait souffrir du dos. Alors, comment comprendre le lien entre scoliose et douleurs ?

Qu’est-ce qu’une scoliose ?

La scoliose correspond à une déformation tridimensionnelle de la colonne vertébrale, avec notamment une courbure dans le plan frontal et une rotation des vertèbres.

Elle peut être découverte pendant l’enfance ou l’adolescence, mais certaines scolioses apparaissent ou évoluent également à l’âge adulte.

Il existe différentes formes et différents degrés de scoliose. Leur impact sur la vie quotidienne peut donc être très variable.

Une scoliose peut-elle ne provoquer aucune douleur ?

Oui.

Certaines personnes vivent avec une scoliose sans ressentir de douleur particulière.

La présence d’une courbure sur une radiographie ne permet donc pas, à elle seule, d’expliquer un mal de dos.

C’est un point important : une anomalie visible sur une image médicale et la douleur ne sont pas toujours directement liées.

Alors pourquoi peut-on avoir mal au dos avec une scoliose ?

Une personne présentant une scoliose peut également ressentir des douleurs pour différentes raisons.

La douleur peut notamment être influencée par :

  • la fatigue ;
  • le niveau d’activité physique ;
  • les contraintes professionnelles ;
  • le manque de sommeil ;
  • les tensions musculaires ;
  • une période de stress ;
  • une augmentation inhabituelle de l’activité ;
  • d’autres problèmes musculosquelettiques indépendants de la scoliose.

Il est donc important de ne pas attribuer automatiquement toute douleur à la courbure de la colonne.

« Ma colonne est déformée, elle est donc fragile » : attention à cette idée.

C’est une autre croyance fréquente.

Avoir une scoliose ne signifie pas nécessairement que la colonne est fragile ou qu’il faut éviter de bouger.

Au contraire, dans de nombreuses situations, conserver une activité physique adaptée permet d’entretenir les capacités du corps et la confiance dans le mouvement.

Les activités doivent évidemment être adaptées à chaque personne et à son contexte médical.

Faut-il chercher à « remettre la colonne droite » ?

Non.

Une scoliose structurelle ne se résume pas à une simple vertèbre « déplacée » qu’il suffirait de remettre en place.

L’objectif d’une prise en charge n’est pas nécessairement de rendre la colonne parfaitement droite.

Il peut plutôt être question d’améliorer le confort, la mobilité, les capacités physiques et la confiance dans le mouvement, en fonction des besoins de la personne.

Quel peut être le rôle de l’ostéopathie ?

L’ostéopathie ne permet pas de « remettre une scoliose en place ».

En revanche, une consultation peut permettre d’évaluer la mobilité, les tensions et les éventuelles gênes associées au quotidien.

Selon la situation, l’ostéopathe peut proposer des techniques manuelles et des conseils visant notamment à accompagner le confort et la mobilité.

La prise en charge peut également être pluridisciplinaire. Selon les besoins, un suivi médical, une prise en charge en kinésithérapie ou un accompagnement par d’autres professionnels peut être pertinent.

Et chez l’enfant ou l’adolescent ?

Chez l’enfant et l’adolescent, une scoliose nécessite une attention particulière, notamment parce qu’elle peut évoluer pendant la croissance.

Lorsqu’une scoliose est suspectée ou diagnostiquée, un suivi médical adapté est important.

L’ostéopathie ne remplace pas ce suivi.

Quand consulter ?

Une douleur de dos persistante, importante ou inhabituelle mérite d’être évaluée.

De même, une scoliose connue ou suspectée chez un enfant ou un adolescent doit faire l’objet d’un suivi adapté par un professionnel de santé.

À retenir.

Avoir une scoliose ne signifie pas forcément avoir mal au dos à cause de sa scoliose.

La douleur est multifactorielle et doit être considérée dans son ensemble.

Une scoliose n’est pas nécessairement synonyme de fragilité, et elle ne signifie pas qu’il faut éviter de bouger.

L’objectif d’une prise en charge est avant tout de permettre à chacun de comprendre son corps, rester actif et conserver le maximum de confort et de capacités au quotidien.

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