Sport chez la femme : douleurs du bassin, du genou et du périnée

La pratique sportive est excellente pour la santé, mais certaines femmes peuvent ressentir des douleurs au niveau du bassin, des genoux ou du périnée, notamment lors de la course, des sports avec impacts, de la musculation ou après une reprise sportive.

Ces douleurs ne doivent pas systématiquement être attribuées au sport lui-même. Elles peuvent avoir des origines multiples et nécessitent parfois un bilan médical ou une prise en charge spécialisée.

Dans ma pratique d’ostéopathe à Villeneuve-sur-Lot, ex-kinésithérapeute et sportive d ehaut niveau, j’accompagne les femmes sportives en recherchant les éventuelles composantes mécaniques et fonctionnelles pouvant participer à leurs douleurs.


Pourquoi le sport peut-il provoquer des douleurs ?

Lors d’une activité sportive, le corps doit constamment gérer les contraintes liées :

  • aux impacts ;
  • aux changements d’appui ;
  • aux mouvements répétitifs ;
  • à l’augmentation de la charge d’entraînement ;
  • à la fatigue musculaire ;
  • aux modifications de la technique de mouvement.

Une douleur peut apparaître lorsque la charge imposée au corps devient supérieure à sa capacité d’adaptation.

Cela peut notamment se produire lors d’une reprise trop rapide après une période d’arrêt, d’une augmentation importante du kilométrage ou d’un changement de sport.


Douleurs du bassin chez la sportive.

Les douleurs du bassin peuvent être ressenties au niveau :

  • du pubis ;
  • des articulations sacro-iliaques ;
  • des hanches ;
  • de l’aine ;
  • des lombaires ;
  • des muscles fessiers.

Chez la coureuse, les mouvements répétés et les impacts peuvent solliciter fortement l’ensemble de cette région.

Une douleur au bassin peut cependant avoir différentes origines : musculaire, tendineuse, articulaire, gynécologique ou encore liée à une surcharge d’entraînement.

Un bilan est donc nécessaire pour déterminer ce qui peut être à l’origine des symptômes.


Douleurs du genou chez la femme sportive.

Le genou est fréquemment sollicité dans les sports comportant des impacts, des flexions répétées ou des changements de direction.

Certaines douleurs peuvent notamment être liées à :

  • une surcharge d’entraînement ;
  • une irritation tendineuse ;
  • une douleur fémoro-patellaire ;
  • un problème musculaire ;
  • une modification récente des entraînements ;
  • un traumatisme.

Le genou ne doit cependant pas être considéré isolément.

Le fonctionnement du pied, de la cheville, du genou, de la hanche et du bassin participe à la mécanique du membre inférieur.

C’est pourquoi un bilan global peut être intéressant.


Le périnée et le sport.

Le périnée est particulièrement important chez la sportive.

Il participe notamment au soutien des organes pelviens et à la continence, tout en travaillant en coordination avec les muscles abdominaux et le diaphragme.

Les activités comportant des impacts répétés peuvent augmenter les contraintes exercées sur le plancher pelvien.

Certaines femmes peuvent alors présenter :

  • des fuites urinaires pendant l’effort ;
  • une sensation de pesanteur pelvienne ;
  • des douleurs pelviennes ;
  • une sensation de pression ;
  • une gêne lors de certains exercices.

Ces symptômes ne doivent pas être considérés comme une conséquence normale du sport.


Courir avec des fuites urinaires : faut-il arrêter ?

Pas nécessairement.

Les fuites urinaires à l’effort sont fréquentes, notamment après une grossesse, mais elles peuvent également concerner des femmes qui n’ont jamais été enceintes.

Elles méritent d’être prises en charge.

Un bilan auprès d’un professionnel spécialisé en rééducation périnéale peut permettre d’évaluer le fonctionnement du plancher pelvien et de mettre en place un programme adapté.

L’objectif n’est pas simplement de « muscler le périnée » : certaines femmes ont au contraire besoin d’apprendre à relâcher un périnée trop contracté.


Après une grossesse : reprendre le sport progressivement.

La reprise sportive après une grossesse doit tenir compte :

  • de l’accouchement ;
  • de l’état du périnée ;
  • de la récupération abdominale ;
  • de la condition physique ;
  • du type de sport pratiqué avant la grossesse ;
  • du niveau de fatigue.

Une reprise progressive permet au corps de retrouver progressivement ses capacités.

En présence de fuites urinaires, de douleurs, de pesanteur pelvienne ou de sensation de faiblesse, un bilan spécialisé est recommandé avant d’augmenter les impacts.


Quelle place pour l’ostéopathie ?

L’ostéopathie ne remplace ni la rééducation périnéale, ni le suivi médical ou kinésithérapique lorsqu’ils sont nécessaires.

Elle peut néanmoins être complémentaire pour rechercher certaines restrictions de mobilité ou tensions susceptibles de participer aux douleurs.

Le bilan peut notamment s’intéresser :

  • au bassin ;
  • aux hanches ;
  • aux lombaires ;
  • au sacrum ;
  • aux genoux ;
  • aux chevilles ;
  • aux pieds ;
  • au diaphragme ;
  • aux chaînes musculaires.

L’objectif est d’avoir une vision globale du fonctionnement du corps et de ses adaptations à la pratique sportive.


Et la Médecine Traditionnelle Chinoise ?

La MTC propose une autre lecture des douleurs sportives.

Selon cette approche traditionnelle, une douleur peut notamment être associée à une perturbation de la circulation du Qi et du Sang dans les méridiens.

La localisation de la douleur est alors importante.

Par exemple, selon le trajet concerné, le bilan peut amener à explorer différents méridiens tels que :

  • Vessie ;
  • Vésicule Biliaire ;
  • Estomac ;
  • Foie ;
  • Rate.

Le raisonnement énergétique prend également en compte la nature de la douleur, son apparition, les facteurs qui l’améliorent ou l’aggravent et l’état général de la personne.

Cette lecture est propre à la MTC et constitue une approche complémentaire ; elle ne remplace pas l’évaluation médicale ou kinésithérapique.


Les techniques complémentaires dans l’accompagnement de la sportive.

Selon le bilan et la situation, différentes techniques peuvent être utilisées en complément de l’approche ostéopathique.

Les ventouses

Elles peuvent notamment être utilisées sur certaines zones musculaires présentant des tensions.

La photobiomodulation

Elle utilise des longueurs d’onde lumineuses spécifiques et est étudiée pour différents usages, notamment dans le domaine de la douleur et de la récupération.

L’électropuncture

Elle permet de stimuler certains points d’acupuncture à l’aide d’une stimulation électrique contrôlée.

Les moxas

La moxibustion utilise la chaleur du moxa et peut être envisagée dans certains tableaux énergétiques selon les principes de la MTC.

Ces techniques ne sont pas systématiquement nécessaires et sont choisies en fonction du bilan et des besoins de la personne.


Quand faut-il consulter ?

Une douleur sportive mérite une évaluation lorsqu’elle :

  • persiste malgré la diminution de l’activité ;
  • s’aggrave progressivement ;
  • empêche de pratiquer normalement ;
  • apparaît brutalement ;
  • est associée à un gonflement important ;
  • survient après un traumatisme ;
  • s’accompagne de blocage ou d’instabilité du genou ;
  • est associée à des symptômes urinaires ou pelviens.

Une douleur pelvienne inhabituelle, des saignements ou des symptômes gynécologiques nécessitent également un avis médical.


En conclusion.

Les douleurs du bassin, du genou et du périnée sont fréquentes chez les femmes sportives, mais elles ne doivent pas être banalisées.

La prévention passe notamment par :

  • une progression adaptée de l’entraînement ;
  • le renforcement musculaire ;
  • le travail de mobilité ;
  • la récupération ;
  • l’attention portée au périnée ;
  • une reprise progressive après une grossesse.

Dans ma pratique d’ostéopathe à Villeneuve-sur-Lot, j’évalue globalement les différentes régions impliquées dans la pratique sportive et peux intégrer, lorsque cela est pertinent, des techniques complémentaires issues de la Médecine Traditionnelle Chinoise, telles que les ventouses, la moxibustion ou l’électropuncture.

J’ai suivi en ostéopathie les formations « Accompagnement de la femme enceinte » avec Madame Claudine Ageron-Marques, sage-femme et ostéopathe, « Femmes enceintes et ostéopathie » avec Bernard Ferru, et en énergétique chinoise « Accompagnement lors de la grossesse et du post-partum » avec Valérie Le Go, sage femme, « Médecine chinoise et grossesse » avec Philippe Sionneau

L’objectif est d’accompagner la sportive dans sa mobilité et son confort, sans se substituer au suivi médical, gynécologique ou à la rééducation lorsque ceux-ci sont nécessaires.

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