« La musculation va-t-elle empêcher mon adolescent de grandir ? »
C’est une question très fréquente chez les parents lorsque leur enfant souhaite commencer la musculation, le renforcement musculaire ou la préparation physique.
Pendant longtemps, on a entendu dire que soulever des charges pendant la croissance pouvait abîmer les cartilages de croissance ou provoquer un arrêt de la croissance.
En réalité, la question est plus complexe.
Lorsqu’elle est adaptée à l’âge, au niveau de maturité et aux capacités de l’adolescent, la pratique du renforcement musculaire peut faire partie d’une activité physique normale et peut même présenter des bénéfices.
Le problème n’est donc pas simplement de savoir si un adolescent « fait de la musculation », mais surtout comment il la pratique.
La musculation empêche-t-elle de grandir ?
À ce jour, il n’existe pas de preuve solide permettant d’affirmer qu’un programme de renforcement musculaire correctement encadré bloque la croissance d’un adolescent.
La croissance osseuse se fait notamment au niveau des cartilages de croissance, situés à proximité des extrémités des os.
Ces zones sont particulièrement importantes pendant l’enfance et l’adolescence.
Elles peuvent effectivement être lésées lors de certains traumatismes ou contraintes importantes.
Mais il ne faut pas confondre :
activité physique et renforcement musculaire adaptés
avec
charges excessives, mauvaise technique et entraînement inapproprié.
Ce sont deux situations très différentes.
Pourquoi cette idée reçue existe-t-elle ?
L’idée selon laquelle la musculation pourrait « tasser » les os ou arrêter la croissance vient notamment d’une confusion entre le renforcement musculaire et les blessures liées à une mauvaise utilisation des charges.
Un adolescent qui tente de soulever une charge trop importante, sans apprentissage technique ni supervision, peut effectivement augmenter son risque de blessure.
Mais cela ne signifie pas que le renforcement musculaire en lui-même est dangereux pour la croissance.
Le risque dépend davantage de la manière dont l’activité est pratiquée.
Quels peuvent être les bénéfices du renforcement musculaire ?
Chez l’adolescent, un programme adapté peut contribuer à :
- améliorer la force musculaire ;
- développer la coordination ;
- améliorer le contrôle des mouvements ;
- renforcer les os et les tissus musculosquelettiques ;
- améliorer les capacités physiques générales ;
- préparer le corps à certaines pratiques sportives ;
- réduire le risque de certaines blessures liées au sport lorsqu’il est correctement intégré à l’entraînement.
Le renforcement musculaire ne signifie d’ailleurs pas nécessairement soulever de lourdes charges.
Le poids du corps, des élastiques, des exercices de gainage ou des charges légères peuvent déjà constituer un travail musculaire efficace.
À quel âge peut-on commencer ?
Il n’existe pas nécessairement un âge unique à partir duquel la musculation deviendrait soudainement « autorisée ».
La question est davantage celle de la maturité physique et de la capacité de l’adolescent à comprendre et reproduire correctement les exercices.
Un enfant ou un adolescent peut réaliser des exercices de renforcement musculaire adaptés bien avant de pratiquer la musculation telle qu’elle est généralement représentée dans une salle de fitness.
Les programmes doivent évoluer progressivement avec l’âge, l’expérience et les capacités de chacun.
Le problème principal : vouloir soulever trop lourd.
Chez les adolescents, l’une des principales erreurs consiste à vouloir rapidement augmenter les charges.
Le développement de la force peut être rapide, mais les capacités techniques et la maîtrise du mouvement doivent suivre.
Il est donc préférable de privilégier :
la qualité du mouvement avant la quantité de poids.
Un exercice réalisé correctement avec une charge adaptée est généralement beaucoup plus intéressant qu’une charge importante utilisée avec une technique approximative.
Et la musculation à l’adolescence dans les salles de sport ?
La présence d’un adulte ou d’un professionnel compétent est particulièrement importante lorsqu’un adolescent utilise des charges libres ou des machines.
L’objectif est notamment de lui apprendre :
- les bons placements ;
- la respiration ;
- la maîtrise de la charge ;
- l’amplitude adaptée ;
- la progression ;
- l’écoute des sensations ;
- la récupération.
La recherche de performances maximales ou de charges records n’a pas d’intérêt dans cette période d’apprentissage.
La croissance peut-elle provoquer des douleurs ?
L’adolescence est une période de transformations rapides.
Les os, les muscles, les tendons et la coordination évoluent en permanence.
Un adolescent sportif peut ainsi présenter des douleurs liées à la répétition des contraintes sportives, à une augmentation trop rapide du volume d’entraînement ou à un manque de récupération.
Certaines zones sont particulièrement sollicitées pendant la croissance, notamment autour du genou, du talon ou de la hanche.
Une douleur persistante ne doit cependant pas être automatiquement attribuée à la croissance.
Une douleur qui dure, s’aggrave ou limite l’activité mérite une évaluation.
Le rôle de l’ostéopathe chez l’adolescent sportif.
L’ostéopathie peut avoir une place dans l’accompagnement global du jeune sportif.
Lors d’une consultation, l’examen peut notamment s’intéresser à la mobilité, aux contraintes mécaniques, à certaines limitations fonctionnelles et à la manière dont le corps s’adapte à l’activité sportive.
L’objectif n’est pas de « remettre les os en place » ou de modifier la croissance.
Il s’agit plutôt d’accompagner le jeune dans sa pratique et de rechercher d’éventuels facteurs mécaniques pouvant participer à certaines douleurs ou gênes fonctionnelles.
L’ostéopathie ne remplace évidemment pas le suivi médical, la kinésithérapie ou l’avis d’un professionnel du sport lorsque ceux-ci sont nécessaires.
Quand faut-il consulter ?
Certaines situations doivent conduire à demander un avis médical avant de poursuivre ou de modifier l’entraînement.
C’est notamment le cas en présence :
- d’une douleur importante ou persistante ;
- d’une douleur qui augmente progressivement ;
- d’un gonflement articulaire ;
- d’une diminution de la force ;
- d’une perte de mobilité ;
- d’une douleur nocturne inhabituelle ;
- d’un traumatisme ;
- d’une boiterie ;
- d’une fatigue importante ou inhabituelle.
Chez un adolescent, une douleur persistante ne doit pas être banalisée sous prétexte qu’il est « en pleine croissance ».
Et la musculation pendant une poussée de croissance ?
La croissance ne signifie pas nécessairement qu’il faut arrêter toute activité physique.
Au contraire, l’activité physique régulière est importante pour la santé.
En revanche, lorsqu’un adolescent connaît une période de croissance rapide, il peut être pertinent d’adapter temporairement la charge d’entraînement, notamment si des douleurs apparaissent.
La priorité reste :
progressivité + technique + récupération + écoute du corps.
Quelques conseils pour une pratique adaptée.
Pour un adolescent qui souhaite commencer le renforcement musculaire, quelques principes simples peuvent être retenus :
1. Apprendre avant de charger
La technique doit être maîtrisée avant d’augmenter les poids.
2. Progresser progressivement
Il vaut mieux augmenter les charges et le volume d’entraînement petit à petit.
3. Ne pas chercher systématiquement la performance maximale
L’adolescence est avant tout une période d’apprentissage et de développement des capacités physiques.
4. Respecter la récupération
Le sommeil, l’alimentation et les jours de récupération sont essentiels à la progression.
5. Ne pas ignorer une douleur
Une douleur inhabituelle ou persistante mérite d’être prise au sérieux.
En résumé.
La musculation ne bloque pas la croissance lorsqu’elle est correctement adaptée et encadrée.
Chez l’adolescent, le renforcement musculaire peut même contribuer au développement de la force, de la coordination et de la santé musculosquelettique.
Le principal enjeu est d’adapter l’entraînement aux capacités du jeune et de privilégier la technique, la progressivité et la récupération plutôt que la recherche de charges maximales.
La croissance n’est donc pas une raison pour interdire systématiquement la musculation.
Elle constitue plutôt une raison supplémentaire pour apprendre à bien s’entraîner.
Ostéopathie et adolescent sportif.
Dans ma pratique, j’accompagne les adolescents sportifs en tenant compte de leur âge, de leur activité, de leurs contraintes d’entraînement et de leurs symptômes.
L’objectif est de proposer une prise en charge adaptée, en complément si nécessaire du suivi médical, de la kinésithérapie et de l’encadrement sportif.
Cabinet Fonteyne – Ostéopathe
Vous avez des questions concernant une douleur ou une gêne chez votre adolescent pratiquant la musculation ou un autre sport ? Une consultation permet de faire le point sur la situation et de déterminer l’orientation la plus adaptée.
