L’Acu-AnMo est une méthode d’acupuncture développée par le Dr Jan Polak, médecin et acupuncteur, qui pratique l’acupuncture depuis plusieurs décennies et l’enseigne depuis plus de vingt ans.
Cette approche se distingue notamment par son raisonnement diagnostique et par l’utilisation d’un stylet à la place de l’aiguille.
L’objectif est de ne pas appliquer une recette identique à tous les patients présentant une même douleur, mais de rechercher, selon les principes de la médecine traditionnelle chinoise, la perturbation énergétique considérée comme responsable de la douleur, puis de choisir le point correspondant à ce diagnostic.
Qu’est-ce que l’Acu-AnMo ?
Le terme Acu-AnMo associe « Acu », pour acupuncture, et « AnMo », qui fait référence au travail manuel doux du point.
Dans la méthode développée par le Dr Polak, le point d’acupuncture est stimulé avec un stylet à bout arrondi, plutôt qu’avec une aiguille laissée en place.
Le stylet permet une stimulation ponctuelle et répétée du point. Selon la méthode, le praticien peut vérifier la réponse du patient après chaque stimulation et renouveler celle-ci tant qu’une amélioration est observée.
L’Acu-AnMo est ainsi présentée comme une forme d’acupuncture sans aiguilles, particulièrement destinée aux douleurs de l’appareil locomoteur et à certaines névralgies.
Une différence essentielle : pas de « recette »
L’une des particularités de la méthode est son approche individualisée.
Deux personnes peuvent consulter pour une douleur apparemment identique — par exemple deux douleurs d’épaule — sans recevoir nécessairement le même traitement.
Pourquoi ?
Parce que dans l’Acu-AnMo, le point à stimuler n’est pas choisi uniquement en fonction de la localisation de la douleur.
Le raisonnement suit plutôt une succession :
symptômes → diagnostic énergétique → choix du point → stimulation → réévaluation.
Le Dr Polak présente cette étape de traduction des symptômes en diagnostic énergétique comme un élément central de sa méthode.
Le diagnostic énergétique.
Dans le modèle traditionnel utilisé par l’Acu-AnMo, la douleur est considérée comme la conséquence d’une perturbation de la circulation de l’énergie.
Le diagnostic cherche donc à déterminer la nature de cette perturbation.
Cela permet d’expliquer pourquoi une même douleur peut être abordée différemment d’une personne à l’autre.
Il ne s’agit donc pas simplement de connaître une liste de points correspondant à chaque partie du corps.
Le praticien cherche à comprendre quel mécanisme énergétique est supposé être à l’origine du symptôme.
Cette conception appartient au cadre théorique de la médecine traditionnelle chinoise et ne doit pas être confondue avec un diagnostic médical biomédical.
Pourquoi utiliser un seul point ?
L’Acu-AnMo privilégie l’utilisation d’un point unique à la fois.
Le point est choisi en fonction du diagnostic énergétique établi.
Après sa stimulation, la réponse du patient est évaluée.
Cette manière de procéder présente un intérêt pratique : lorsque la douleur évolue immédiatement après la stimulation, le praticien peut observer plus facilement la relation entre le point stimulé et la réponse clinique.
La méthode préconise ainsi de vérifier l’évolution de la douleur après chaque stimulation plutôt que de multiplier simultanément les points.
Le principe des « barrières ».
Le concept de barrière, ou « barrage », occupe également une place importante dans l’Acu-AnMo.
Dans cette approche, certaines douleurs articulaires ou musculaires peuvent être associées à une perturbation de la circulation énergétique au niveau de certaines zones.
Le Dr Polak consacre notamment une partie de son enseignement aux barrières des membres et des lombes, avec des applications concernant notamment l’épaule, le coude, le poignet, la hanche, le genou et la cheville.
L’intérêt est alors de rechercher où se situe la perturbation, plutôt que de stimuler automatiquement les points situés autour de la zone douloureuse.
Et les méridiens ?
Les méridiens occupent une place centrale dans le raisonnement de l’Acu-AnMo.
La méthode utilise les trajets traditionnels des méridiens ainsi que les muscles des méridiens dans son raisonnement. Le Dr Polak propose également un répertoire spécifique des points utilisés dans sa méthode, avec leur localisation et leur action énergétique.
Cela permet notamment de réfléchir à la douleur selon les relations entre :
zone douloureuse → méridien concerné → perturbation énergétique → point de traitement.
Il ne s’agit donc pas nécessairement de traiter directement le méridien qui passe par la zone douloureuse.
Un point situé à distance peut être sélectionné lorsqu’il possède, dans le modèle énergétique utilisé, l’action recherchée.
Pourquoi le stylet plutôt que l’aiguille ?
L’utilisation du stylet constitue une caractéristique importante de l’Acu-AnMo.
Le stylet possède une extrémité arrondie et permet de stimuler le point sans pénétrer la peau.
Selon le Dr Polak, cette méthode permet notamment de répéter facilement la stimulation d’un même point au cours de la séance et d’évaluer immédiatement la réponse à chaque stimulation.
L’absence d’aiguille peut également rendre cette approche intéressante pour les personnes qui appréhendent les aiguilles.
Et les moxas ?
L’Acu-AnMo ne se limite pas nécessairement à la stimulation mécanique des points.
Le moxa, ou moxibustion, peut également être utilisé dans la méthode, notamment lorsqu’il est considéré qu’il existe un « Vide » énergétique.
Dans le raisonnement traditionnel présenté par le Dr Polak, il est alors nécessaire de restaurer l’énergie avant de chercher à la faire circuler correctement.
Pour quelles douleurs ?
Selon la présentation de la méthode, l’Acu-AnMo est principalement destinée aux douleurs de l’appareil locomoteur et aux névralgies.
Elle peut donc être envisagée dans le cadre de douleurs telles que :
- lombalgies ;
- cervicalgies ;
- douleurs d’épaule ;
- douleurs du coude ;
- douleurs du poignet ;
- douleurs de hanche ;
- douleurs du genou ;
- douleurs de cheville ;
- certaines névralgies ;
- certaines céphalées.
Cela ne signifie évidemment pas que toute douleur relève de l’Acu-AnMo.
Un bilan préalable reste indispensable pour déterminer l’origine probable des symptômes et vérifier l’absence de situation nécessitant une prise en charge médicale.
Une approche qui complète ma pratique.
Dans ma pratique, je m’intéresse à plusieurs façons d’aborder les douleurs et les troubles fonctionnels.
Je pratique notamment :
l’ostéopathie, la biokinergie et l’acupuncture.
L’Acu-AnMo du Dr Jan Polak vient compléter ces approches avec un raisonnement spécifique issu de la médecine traditionnelle chinoise.
Ce qui m’intéresse particulièrement dans cette méthode est son principe d’individualisation : une douleur ne conduit pas nécessairement à appliquer le même protocole chez tous les patients.
Le diagnostic, l’observation de la réponse au traitement et la réévaluation permettent d’adapter la stimulation au patient.
Acu-AnMo et approche globale.
L’Acu-AnMo s’intègre naturellement dans une réflexion globale du patient.
Une douleur peut être influencée par de nombreux facteurs : contraintes mécaniques, mobilité, système nerveux, contexte de vie, récupération, antécédents ou facteurs émotionnels.
L’intérêt d’une approche complémentaire est de pouvoir disposer de plusieurs outils et de choisir celui qui semble le plus pertinent au moment de la consultation.
L’Acu-AnMo apporte ici une grille de lecture énergétique traditionnelle, tandis que l’ostéopathie et la biokinergie permettent d’aborder le patient à travers d’autres modèles et d’autres moyens d’évaluation.
Que dit la science ?
Il est important de distinguer deux niveaux.
L’acupuncture fait l’objet d’un nombre important de recherches scientifiques, notamment concernant la douleur, avec des résultats variables selon les indications et les protocoles.
En revanche, les concepts spécifiques de l’Acu-AnMo — notamment le diagnostic énergétique propre à cette méthode, le choix d’un point unique et l’interprétation des perturbations énergétiques — appartiennent au cadre théorique de la médecine traditionnelle chinoise et ne peuvent pas être présentés comme des mécanismes biomédicaux démontrés.
L’Acu-AnMo doit donc être présentée comme une approche complémentaire, et non comme un substitut au diagnostic médical.
Comment se déroule une séance ?
Une séance commence par un échange autour du motif de consultation et de l’histoire des symptômes.
Le praticien cherche ensuite à déterminer le diagnostic énergétique selon le raisonnement propre à l’Acu-AnMo.
Un point est alors sélectionné.
La stimulation au stylet est réalisée de manière douce et brève, puis la réponse du patient est évaluée.
Si une amélioration est constatée, la stimulation peut être renouvelée selon les principes de la méthode.
L’objectif est donc de conserver en permanence un lien entre :
diagnostic → traitement → réponse du patient.
Une méthode fondée sur l’observation de la réponse.
C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de l’Acu-AnMo dans la pratique.
Plutôt que de considérer le traitement comme quelque chose de totalement prédéfini, la méthode accorde une place importante à la réponse immédiate du patient.
Le praticien peut ainsi réévaluer la douleur au cours même de la séance.
Cette démarche rejoint une idée qui m’est chère dans ma pratique :
observer, traiter, réévaluer et adapter.
En résumé.
L’Acu-AnMo du Dr Jan Polak est une méthode d’acupuncture particulièrement orientée vers les douleurs de l’appareil locomoteur et les névralgies.
Ses principales particularités sont :
- un diagnostic énergétique individualisé ;
- l’absence de recettes identiques pour une même douleur ;
- le choix d’un point unique selon le diagnostic ;
- l’utilisation d’un stylet plutôt que d’une aiguille ;
- une stimulation courte et répétée si nécessaire ;
- une réévaluation immédiate de la réponse ;
- l’utilisation possible de la moxibustion dans certains cas ;
- une réflexion basée sur les méridiens et les muscles des méridiens.
Dans ma pratique, cette méthode vient compléter l’ostéopathie, la biokinergie et l’acupuncture, avec l’objectif de proposer une prise en charge personnalisée et adaptée à chaque patient.
Ma formation.
J’ai suivi la formation du Dr Jan Polak en Acu-AnMo, afin d’intégrer à ma pratique ce raisonnement spécifique de l’acupuncture et cette approche individualisée des douleurs de l’appareil locomoteur.

Cette formation vient compléter mon parcours en ostéopathie, biokinergie et acupuncture, ainsi que ma formation au Diagnostic Auriculaire Causal (DAC), à Symphonie des Méridiens et à l’Académie 3 du Dr Nadia Volf.
L’ensemble de ces approches constitue pour moi une boîte à outils complémentaire, permettant d’adapter la prise en charge à chaque patient plutôt que d’appliquer systématiquement le même protocole.
Vous souhaitez aller plus loin. Découvrez également mes articles : https://fonteyne-osteopathe.fr/medecine-traditionnelle-chinoise/
