Introduction.
Quand on pense à l’ostéopathie, on pense souvent immédiatement au mal de dos.
Lombalgie, douleur dans les cervicales, dos « bloqué »… Ce sont effectivement des motifs fréquemment rencontrés en consultation.
Mais l’ostéopathie ne s’intéresse pas uniquement au dos. Le corps fonctionne comme un ensemble, et une consultation peut concerner différentes régions du corps, en fonction du motif et des symptômes.
Il existe également une autre particularité importante à connaître : la zone où l’on ressent une douleur n’est pas toujours celle où se trouve son origine.
L’ostéopathe peut-il travailler ailleurs que sur le dos ?
Oui.
Selon le motif de consultation, l’ostéopathe peut être amené à examiner différentes parties du corps : cervicales, épaules, coudes, poignets, bassin, hanches, genoux, chevilles ou encore pieds.
Par exemple, une personne qui consulte pour une douleur à l’épaule pourra être amenée à réaliser différents mouvements afin d’évaluer l’ensemble de la région concernée.
L’objectif n’est pas de considérer chaque partie du corps comme indépendante, mais de comprendre comment elle fonctionne dans son ensemble.
Une douleur ressentie à un endroit peut-elle venir d’ailleurs ?
Oui, dans certaines situations.
C’est notamment le cas des douleurs projetées.
Une douleur projetée correspond à une douleur ressentie dans une région différente de celle où se situe la structure à l’origine du signal douloureux.
Cela peut notamment se produire avec certaines structures viscérales.
Qu’est-ce qu’une douleur viscérale projetée ?
Les organes internes disposent de voies nerveuses qui transmettent les informations douloureuses vers le système nerveux central.
Or, les informations provenant des viscères et celles provenant de certaines structures musculosquelettiques peuvent parfois être traitées par des voies nerveuses communes ou proches.
Le cerveau peut alors avoir des difficultés à identifier précisément l’origine du signal douloureux.
La douleur peut ainsi être ressentie à distance de l’organe concerné.
Quelques exemples de douleurs projetées.
Certaines atteintes viscérales peuvent provoquer des douleurs ressenties dans des régions qui semblent, au premier abord, purement musculosquelettiques.
Par exemple :
- certaines pathologies cardiaques peuvent provoquer une douleur ressentie dans la poitrine, le bras, l’épaule, le dos ou la mâchoire ;
- certaines affections de la vésicule biliaire peuvent provoquer une douleur dans la partie supérieure droite de l’abdomen, mais également dans l’épaule ou le dos ;
- certaines atteintes digestives peuvent provoquer des douleurs abdominales ou dorsales ;
- certaines pathologies urinaires ou rénales peuvent provoquer des douleurs lombaires ou dans le flanc.
Ces exemples montrent pourquoi une douleur localisée dans le dos, l’épaule ou une autre articulation ne doit pas systématiquement être considérée comme une douleur mécanique.
L’ostéopathie viscérale : de quoi parle-t-on ?
L’ostéopathie ne s’intéresse pas uniquement aux articulations et aux muscles. Certains ostéopathes utilisent également des techniques dites viscérales, qui font partie de leur approche manuelle.
L’ostéopathie viscérale s’intéresse notamment à la mobilité et aux relations mécaniques entre les viscères, les tissus environnants et les structures musculosquelettiques.
Par exemple, selon le motif de consultation, l’ostéopathe peut être amené à travailler manuellement au niveau de l’abdomen ou du thorax, en complément de l’examen du reste du corps.
L’objectif de ce travail n’est pas de « remettre un organe en place » ni de traiter une maladie viscérale. Il s’agit d’une approche manuelle qui peut être proposée lorsqu’elle est jugée pertinente dans le contexte de la consultation..
Lorsqu’une douleur peut avoir une origine viscérale, l’objectif premier est de déterminer si la situation nécessite une évaluation médicale.
Pourquoi cette notion est-elle importante en consultation ?
Parce qu’un bon examen ne consiste pas simplement à se concentrer sur l’endroit où le patient a mal.
L’ostéopathe prend en compte notamment :
- la localisation de la douleur ;
- son apparition ;
- son évolution ;
- les mouvements qui la provoquent ou la diminuent ;
- les antécédents ;
- les symptômes associés ;
- le contexte général.
Cette approche permet également de rechercher d’éventuels signes d’alerte qui pourraient orienter vers une prise en charge médicale.
Quand une douleur doit-elle faire consulter un médecin ?
Certaines douleurs nécessitent une évaluation médicale plutôt qu’une prise en charge manuelle.
C’est notamment le cas lorsqu’une douleur est inhabituelle, intense ou brutale, lorsqu’elle s’accompagne de fièvre, d’un malaise, d’un essoufflement, de vomissements importants, de troubles neurologiques ou d’autres symptômes inquiétants.
Une douleur thoracique inhabituelle, notamment lorsqu’elle s’accompagne d’essoufflement, de malaise, de sueurs ou d’une douleur irradiant vers le bras, la mâchoire ou le dos, doit notamment faire rechercher rapidement une cause médicale.
En cas de doute ou de symptôme inquiétant, il est préférable de demander un avis médical plutôt que de chercher à traiter soi-même la douleur comme un simple problème musculaire ou articulaire.
Quels sont les motifs de consultation fréquents en ostéopathie ?
Les motifs peuvent être variés.
Parmi les demandes fréquemment rencontrées en cabinet, on peut notamment retrouver :
- douleurs lombaires ;
- douleurs cervicales ;
- gêne ou raideur dorsale ;
- douleurs ou gênes articulaires ;
- certaines douleurs liées aux activités professionnelles ;
- inconforts associés à la pratique sportive ;
- douleurs ou tensions musculaires ;
- certaines gênes liées aux mouvements répétitifs.
Cette liste n’est évidemment pas exhaustive.
Chaque situation doit être évaluée individuellement afin de déterminer si une prise en charge ostéopathique est adaptée.
Pourquoi l’ostéopathe peut-il examiner une zone différente de celle qui fait mal ?
C’est une question que les patients posent souvent.
Imaginons une douleur au genou lors de la course. L’examen pourra également s’intéresser à la hanche, à la cheville ou à la manière dont la personne se déplace.
Cela ne signifie pas que « le problème vient forcément d’ailleurs ».
Il s’agit simplement de comprendre le mouvement dans son ensemble et d’identifier les éléments qui peuvent être pertinents dans le contexte de la consultation.
La même logique explique pourquoi l’interrogatoire est une étape essentielle : avant de traiter, il faut chercher à comprendre.
L’ostéopathie peut-elle tout traiter ?
Non.
C’est une idée importante à rappeler.
L’ostéopathie ne remplace pas un diagnostic médical et ne permet pas de prendre en charge toutes les maladies ou toutes les douleurs.
Certaines situations nécessitent avant tout un avis médical, des examens complémentaires ou une prise en charge par un autre professionnel de santé.
L’intérêt d’une consultation est également de savoir quand l’ostéopathie est pertinente et quand une orientation vers un autre professionnel est préférable.
Et pour les douleurs liées au sport ?
Les sportifs peuvent consulter un ostéopathe pour différentes gênes musculosquelettiques ou dans le cadre de leur activité.
L’objectif peut notamment être de faire le point sur une gêne, d’accompagner la mobilité ou de favoriser une reprise progressive après certaines douleurs.
Mais là encore, l’ostéopathie ne remplace pas les autres professionnels impliqués dans la prise en charge du sportif : médecin, kinésithérapeute, préparateur physique, etc.
Faut-il avoir mal pour consulter ?
Pas nécessairement.
Une personne peut consulter parce qu’une gêne limite certains mouvements ou certaines activités, ou simplement parce qu’elle souhaite faire le point sur une problématique particulière.
Cependant, une consultation « préventive » ne signifie pas qu’il faut nécessairement consulter à intervalles fixes lorsqu’on ne présente aucun symptôme.
L’activité physique régulière, le sommeil, la récupération et l’adaptation des activités restent des éléments essentiels de la santé.
À retenir.
L’ostéopathie ne concerne pas uniquement le dos.
Une consultation peut s’intéresser à différentes régions du corps en fonction du motif et des symptômes présentés.
Il faut également garder à l’esprit qu’une douleur ressentie à un endroit n’est pas toujours due à un problème situé à cet endroit. Certaines douleurs peuvent notamment être projetées depuis une structure viscérale.
C’est pourquoi l’interrogatoire et l’examen sont essentiels avant toute prise en charge.
Et surtout, l’ostéopathie a ses limites : elle ne remplace pas le suivi médical et ne doit pas retarder la prise en charge d’une pathologie nécessitant un avis médical.
L’objectif n’est pas de tout traiter, mais de proposer une prise en charge adaptée lorsque celle-ci est pertinente.
