« Il passe trop de temps sur son téléphone. »
« Il se couche tard à cause des écrans. »
« Il se plaint souvent du dos ou de la tête. »
Chez les adolescents, ces situations sont fréquentes. Pourtant, le lien entre écrans, sommeil et douleurs est souvent plus complexe qu’une simple question de mauvaise posture.
Le temps passé devant un téléphone, une tablette, un ordinateur ou une console peut influencer le sommeil, l’activité physique, les habitudes posturales et la récupération. Tous ces facteurs peuvent à leur tour modifier la façon dont l’adolescent ressent et gère la douleur.
Pourquoi le sommeil est-il si important ?
L’adolescence est une période de développement physique et neurologique importante.
Le sommeil participe notamment à :
- la récupération physique ;
- la régulation émotionnelle ;
- la mémoire et les apprentissages ;
- la récupération musculaire ;
- la régulation de la douleur ;
- la concentration et les performances scolaires et sportives.
Un adolescent qui dort insuffisamment peut donc être plus fatigué, moins concentré et avoir davantage de difficultés à récupérer après une activité physique.
Le manque de sommeil peut également augmenter la sensibilité à la douleur.
Cela ne signifie pas que le manque de sommeil provoque nécessairement une douleur, mais qu’il peut contribuer à rendre certaines douleurs plus difficiles à supporter ou à entretenir.
Les écrans peuvent-ils perturber le sommeil ?
Oui, plusieurs mécanismes peuvent intervenir.
La lumière
Les écrans émettent de la lumière, dont une partie peut influencer le rythme veille-sommeil lorsqu’elle est utilisée le soir.
L’exposition aux écrans avant le coucher peut notamment retarder l’endormissement chez certaines personnes.
La stimulation mentale
Regarder des vidéos, jouer à un jeu, échanger sur les réseaux sociaux ou suivre une conversation peut maintenir le cerveau dans un état d’activité au moment où il devrait progressivement se préparer au sommeil.
Le problème n’est donc pas uniquement la lumière de l’écran.
Le temps pris sur le sommeil
C’est probablement le mécanisme le plus simple.
Un adolescent qui reste sur son téléphone jusqu’à minuit alors qu’il doit se lever à 7 heures dispose simplement de moins de temps pour dormir.
Et contrairement à certaines idées reçues, remplacer une heure de sommeil par une heure d’écran ne constitue pas nécessairement un échange neutre.
Et la fameuse « mauvaise posture » ?
On entend souvent parler de la posture adoptée devant un téléphone ou un ordinateur.
Tête penchée vers l’avant, épaules enroulées, dos arrondi…
Ces positions peuvent effectivement augmenter certaines contraintes mécaniques lorsqu’elles sont maintenues longtemps.
Mais il faut éviter une conclusion trop simpliste :
« mauvaise posture = douleur ».
Le corps humain est capable de rester dans de nombreuses positions sans provoquer de douleur.
Ce qui peut davantage poser problème est la combinaison de plusieurs facteurs :
position prolongée + faible variation de mouvement + fatigue + manque de sommeil + stress + activité physique insuffisante.
La question n’est donc pas forcément de trouver la « posture parfaite », mais plutôt de permettre au corps de bouger régulièrement et de varier les positions.
Téléphone et douleurs cervicales
L’utilisation prolongée d’un smartphone peut entraîner de longues périodes avec la tête inclinée et les bras maintenus dans une position relativement fixe.
Chez certains adolescents, cela peut s’accompagner de :
- douleurs cervicales ;
- tensions entre les omoplates ;
- douleurs des épaules ;
- maux de tête ;
- fatigue musculaire.
Mais là encore, le téléphone n’est pas nécessairement la cause unique.
Un adolescent qui utilise beaucoup son téléphone mais dort suffisamment, fait du sport et change régulièrement de position peut ne pas développer de douleur.
À l’inverse, un adolescent qui utilise peu son téléphone mais dort mal, est très stressé ou pratique un sport de manière intensive peut également présenter des douleurs.
Écrans et maux de tête
Les céphalées sont fréquentes chez les adolescents.
Plusieurs facteurs peuvent intervenir :
- manque de sommeil ;
- fatigue ;
- stress ;
- déshydratation ;
- repas irréguliers ;
- fatigue visuelle ;
- temps d’écran prolongé ;
- tensions cervicales ;
- troubles de la vision.
Les écrans peuvent donc être un facteur parmi d’autres.
En cas de maux de tête fréquents, importants ou inhabituels, il est important de ne pas attribuer automatiquement les symptômes aux écrans.
Un avis médical ou ophtalmologique peut être nécessaire selon la situation.
Le cercle fatigue – douleur – écrans
Il peut parfois se créer un cercle difficile à interrompre :
écrans tard le soir → sommeil insuffisant → fatigue → récupération moins bonne → sensibilité accrue à la douleur → activité réduite → davantage de temps passé devant les écrans.
Ce schéma n’est évidemment pas systématique.
Mais lorsqu’un adolescent présente des douleurs récurrentes, il peut être intéressant de regarder l’ensemble de son mode de vie, et pas uniquement la zone douloureuse.
Et le sport dans tout ça ?
L’activité physique joue un rôle important dans la santé des adolescents.
Elle permet notamment de développer les capacités cardiovasculaires et musculaires, de renforcer les os et de favoriser une bonne condition physique.
À l’inverse, une journée passée essentiellement assis, avec peu d’activité physique et beaucoup de temps d’écran, peut favoriser un mode de vie très sédentaire.
Il ne s’agit pas nécessairement d’interdire les écrans.
L’objectif est plutôt de rechercher un équilibre entre sommeil, activité physique, temps scolaire, loisirs et temps d’écran.
Quelques conseils simples pour les adolescents
Il n’est pas toujours nécessaire de bouleverser complètement les habitudes.
Quelques changements peuvent déjà être utiles.
Garder des horaires de sommeil relativement réguliers
Se coucher et se lever à des horaires très variables peut perturber le rythme veille-sommeil.
Éviter les écrans juste avant de dormir
Lorsque cela est possible, prévoir un temps sans téléphone, tablette ou console avant le coucher peut faciliter la transition vers le sommeil.
Ne pas dormir avec le téléphone sous l’oreiller
Le téléphone peut simplement rester à distance du lit, idéalement avec les notifications désactivées.
Bouger régulièrement
Même quelques minutes de mouvement après une période prolongée assise permettent de varier les contraintes.
Changer de position
Il n’existe pas une position unique qui serait parfaite.
La meilleure position est souvent la suivante : celle que l’on ne garde pas trop longtemps.
Préserver une activité physique régulière
Sport, marche, vélo, jeux extérieurs ou toute autre activité adaptée peuvent contribuer à limiter la sédentarité.
Quel rôle pour l’ostéopathie ?
Lorsqu’un adolescent consulte pour des douleurs cervicales, dorsales, lombaires ou des maux de tête, l’examen ostéopathique peut permettre d’évaluer certains éléments mécaniques et fonctionnels.
La consultation peut notamment prendre en compte :
- les habitudes quotidiennes ;
- le temps passé assis ;
- l’activité sportive ;
- les contraintes liées aux écrans ;
- la mobilité du rachis ;
- les tensions musculaires ;
- la respiration ;
- la qualité et les habitudes de sommeil.
L’objectif n’est pas de rechercher systématiquement une « vertèbre déplacée » ou une mauvaise posture responsable de tous les symptômes.
Il s’agit plutôt de comprendre dans quel contexte la douleur apparaît et quels facteurs peuvent contribuer à son maintien.
L’ostéopathie peut ainsi constituer un accompagnement complémentaire, mais elle ne remplace pas un avis médical lorsque les symptômes le nécessitent.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Une douleur chez un adolescent ne doit pas systématiquement être attribuée aux écrans ou au manque de sommeil.
Un avis médical est notamment recommandé en cas de :
- douleur importante ou persistante ;
- douleur qui s’aggrave progressivement ;
- douleur nocturne inhabituelle ;
- fièvre ou altération de l’état général ;
- traumatisme ;
- perte de force ;
- troubles neurologiques ;
- maux de tête inhabituels, très intenses ou associés à d’autres symptômes ;
- vomissements répétés ou troubles de la vision associés aux céphalées.
Ces situations nécessitent une évaluation adaptée.
En résumé
Les écrans ne sont pas forcément responsables des douleurs chez l’adolescent.
En revanche, leur utilisation peut indirectement participer à certaines problématiques lorsqu’elle s’accompagne de :
moins de sommeil + moins de mouvement + positions prolongées + fatigue + stress.
Le véritable objectif n’est donc pas nécessairement de supprimer les écrans, mais de retrouver un équilibre entre sommeil, mouvement, activité physique, temps scolaire et loisirs numériques.
Et surtout, lorsqu’un adolescent présente des douleurs répétées, il est important de chercher à comprendre l’ensemble du contexte, plutôt que de mettre automatiquement tous les symptômes sur le compte du téléphone.
Ostéopathie et adolescent
Dans ma pratique, j’accompagne les adolescents en tenant compte de leur âge, de leur activité sportive, de leurs habitudes quotidiennes et de leurs symptômes.
L’examen permet d’évaluer la situation et de déterminer si une prise en charge ostéopathique est pertinente ou si une orientation vers un autre professionnel de santé est préférable.
Christelle Fonteyne – Ostéopathe Villeneuve-sur-Lot. 07 88 38 99 50
Vous avez des questions concernant des douleurs cervicales, dorsales, des maux de tête ou des tensions chez votre adolescent ? Une consultation permet de faire le point sur la situation et de rechercher les facteurs susceptibles de participer aux symptômes.
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